En 1990, Moussa Dadis Camara intègre l'armée guinéenne, et poursuit sa formation à la base à Kindia, à 137 km de la capitale. Six ans plus tard, il suit des cours d’officier à Dresde, puis obtient un brevet de chef de section en gestion à Brême (Allemagne), et intègre une brigade franco-allemande. À son retour de l'Occident, en 1999, il devient intendant-adjoint au sein des forces des Nations unies pour la Sierra-Léone (UNAMSIL). De 2000 à 2001, il est le chef de la Section Essence à la direction générale de l'Intendance militaire des armées de Guinée. Il repart en Allemagne en 2004, et effectue des études en capitainerie d’intendance et de logistique à l’Ecole d’Infanterie de Hambourg, puis suit des cours pratiques de troupes aéroportées d'où il obtiendra un brevet de parachutiste-commando. Entre 2005 et 2007, Moussa Dadis Camara exerce le poste de Chef de section des Essences et Ravitaillement à l'Intendance militaire des forces armées, puis, en 2008, celui de directeur général des Essences et Lubrifiants. Entre temps, il suit des cours à l'État major à l'École militaire inter-armée (EMIAG), en Guinée.
Arrivée au pouvoir [modifier]Quelques heures après l'annonce de la mort de Lansana Conté, deuxième président de la République de Guinée, le capitaine Camara, jusqu'alors inconnu du grand public, apparaît à la radio-télévision guinéenne[2] pour annoncer la suspension de la Constitution et de toutes les institutions républicaines ainsi que la dissolution du gouvernement. Il prononce un discours à caractère social, dénonçant le désespoir profond du peuple de Guinée, la complicité des dignitaires du pouvoir dans le pillage des ressources du pays et leur incapacité à fournir à la population les services de base.
Le 23 décembre 2008, il est porté à la tête du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD)[3]. Le lendemain, les forces armées le désignent président de la République de Guinée, Camara promet des élections « libres, crédibles et transparentes » en décembre 2010[4]. Comme promis à la prise du pouvoir, Moussa Dadis Camara nomme, le 30 décembre 2008, le banquier Kabiné Komara Premier ministre et chef du gouvernement.
Présidence de la République [modifier] Débuts [modifier]Suite à la rencontre entre le CNDD et le secretaire d'État français à la Cooperation Alain Joyandet, le 4 janvier 2009, le capitaine Moussa Dadis Camara réitère l'engagement de la junte à organiser des élections libres et transparentes, auxquelles ni les membres du CNDD, ni les membres du futur gouvernement de transition ne seront candidats, à la fin décembre 2009[5]. Cependant en avril 2009, Dadis Camara menace de se présenter à la présidentielle de décembre 2009 si les leaders d'opinion ne cessent de s'« acharner » contre le CNDD[6].
Lutte contre le trafic de drogueA son arrivée au pouvoir, la Guinée, selon les populations, était considérée comme l'une des plus grandes plaques tournantes de la drogue de la sous-région ouest-africaine[7]. Dadis Camara explique que « La drogue cause un énorme préjudice non seulement au peuple guinéen, mais à tous les opérateurs économiques. C'est pourquoi, j'ai décidé de la combattre pour redorer l'image de marque de mon pays »[8]. Afin d'attirer les investisseurs, le Président guinéen cherche à rassurer les opérateurs économiques. Ainsi les interpellations se multiplient à Conakry, impliquant des protégés de l'ancien régime autoritaire tels que Ousmane Conté le fils ainé de l'ex-président, Saturnin Bangoura le beau-frère du Général Lansana Conté ou encore Lansana Camara, fils du Général Kerfalla Camara (ancien chef d’Etat-major général des forces armées guinéennes)[9]. Ces multiples arrestations de hauts fonctionnaires ou encore officiers supérieurs valent à Dadis Camara l'estime de son peuple voyant en cela la volonté de rompre avec la culture de l’impunité cultivée depuis longtemps et la corruption généralisée. La lutte contre les narcotraficants sera médiatisée avec des procès télévisés contribuant à la propagande du CNDD digne d'un régime dictatorial. Même si Moussa Dadis Camara est considéré actuellement par l'ONU comme un acteur important dans la lutte contre le narcotrafic en Afrique de l'Ouest, le problème de l'absence de chiffres réels demeure. Le 8 août 2009, le président Moussa Dadis Camara reçoit[10], en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade, l'oscar du Mérite du Conseil international des managers africains (CIMA) pour son combat contre les narcotrafiquants[11] et pour la moralisation économique.
Assainissement financier et croisade contre la corruption Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Restruction militaire pour une armée plus disciplinée et citoyenne Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Massacre de septembre 2009 [modifier]Le 28 septembre 2009, à la suite d'un meeting organisé dans l'enceinte du plus grand stade de Conakry, l'armée guinéenne tire à balles réelles sur les manifestants, occasionnant 157 morts selon les ONG, qui font aussi état aussi de milliers de blessés et de nombreux viols[12]. La communauté internationale a fermement condamné cette violente répression, et le president Camara explique cet évenement par l'indiscipline de ses forces armées, et déplore le dècès de « ceux qui l'ont amené au pouvoir ». Ce massacre engendre la démission du porte-parole du gouvernement et des ministres de l'Agriculture et de la Fonction publique, fait sans précédent en Guinée[13].
La France, par la voix de Bernard Kouchner, décide de suspendre sa coopération militaire avec le CNDD[14],[15] et demande, conjointement avec les États-Unis, une enquête internationale[16]. La Cour pénale internationale (CPI) donne une suite favorable à cette requête[17] et la France appelle ses 2 500 ressortissants à quitter la Guinée en raison de la détérioration de la situation[18]. L'International Crisis Group met de son coté en garde contre une « guerre civile qui pourrait déstabiliser l'Afrique de l'Ouest, s'il n'est pas mis rapidement fin au régime militaire[13] ».
Devant les pressions internationales, Moussa Dadis Camara affirme, le 17 octobre 2009, n'avoir « peur de rien[19] ».